ANDREA FERREOL 
Andréa Ferréol, actrice française est née à Aix-en-Provence.

Elle vient à Paris prendre des cours de théâtre avec Jean-Laurent Cochet et démarre sa carrière par des rôles de théâtre avant d'être remarquée en 1973 dans la Grande Bouffe. Elle a été nominée par deux fois aux Césars pour un meilleur second rôle, en 1976 pour les Galettes de Pont-Aven et en 1981 pour le Dernier Métro.

En 2001, elle reçoit le prix "Reconnaissance des cinéphiles" à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) décerné par l'association "Souvenance de cinéphiles" pour l'ensemble de sa carrière.

Elle se consacre également à l'association Aix-en-Œuvre qui se donne pour but d'inaugurer les festivités de Cézanne 2006 à Aix-en-Provence par la mise en place d'une statue monumentale (2,20 m) de Cézanne par le sculpteur Gabriël Sterk.
HELENE GRIMAUD 
HELENE GRIMAUD Pianiste française
Hélène Grimaud interprète son premier récital en soliste à Tokyo, puis à Paris. En 1990, ce sera Cleveland. Après quoi, elle entreprend une longue tournée aux Etats-Unis de Washington à la Floride, en passant notamment par Los Angeles, San Francisco, Seattle, Baltimore, New York où elle donne un premier récital au Metropolitan.
À 21 ans, elle s'établit à Tallahassee. Elle y fait la rencontre d'une louve et se passionne alors pour ces animaux ; elle étudie leurs mœurs et leur comportement et décide de créer une fondation et un parc consacrés à leur étude et à leur réhabilitation. Elle obtient un diplôme d'éthologie, indispensable pour ouvrir un tel centre. Au printemps 1997, elle réalise la création du Wolf Conservation Center à South Salem, dans l'État de New York : une organisation privée, à but non lucratif, visant à étudier et promouvoir la sauvegarde du loup. Hélène Grimaud est aujourd'hui correspondante de plusieurs organisations scientifiques et œuvre pour la réintroduction du loup dans son milieu naturel.
ARLES 
Haut lieu d'art et d'histoire, porte de la Camargue où s'ouvre le delta du Rhône, la ville d'Arles conserve les vestiges de son passé de ville romaine dominant la Provence. On aperçoit encore vers la Place du Forum, non loin du site du forum antique, les colonnes anciennes prises dans les murs des maisons, et au beau milieu du plan de la ville, dans le vieux quartier, les célèbres arènes d'Arles.
Prise entre les Cévennes et la Provence, Arles la méditerranéenne attire toujours autant d'artistes qui, lors de leur séjour, en apprécient les lumières et les paysages. On pense évidemment à Vincent Van Gogh, pour qui Arles fut une terre d'adoption toute désignée. Outre la peinture, Arles est à la photo ce qu'Avignon est au théâtre, avec son programme annuel d'expositions des Rencontres d'Arles, toujours très appréciée à la fois des amateurs et des curieux de passage lors d'un séjour touristique. Car Arles, ville pittoresque et pleine de richesses, a tout pour plaire au vacancier, qu'il ne passe qu'à l'hôtel pour un séjour toujours trop bref ou vienne y passer des vacances en maison d'hôtes, à deux pas de la Camargue, non loin de Marseille et de la mer.
LOUIS-ABRAHAM VAN LOO 
Pendant sa jeunesse à Aix, Grasse, Majorque et Nice, il est initié à la peinture par son père, Louis-Abraham van Loo, fils de Jacob van Loo. A Toulon en 1706-1707, il étudie les sculptures de Pierre Puget à l'arsenal1. Il commence à peindre quelques portraits et s'y marie à Marguerite Le Brun, fils d'un avocat toulonnais1. Lors de l'invasion de la ville par le duc de Savoie en 1707, van Loo émigre vers sa ville natale, où il peint deux plafonds au pavillon de Lenfant, qui représentent L'assemblée des dieux et Apollon et les arts, et travaille pour plusieurs églises2. L'amitié de Lenfant lui vaut d'être invité, sans doute en présence de son jeune frère Carle3, à la cour de Monaco où il exécute plusieurs portraits de la famille d'Antoine Grimaldi.
Louise Hippolyte Grimaldi with a view overlooking Monaco, huile sur toile, 1712, marché de l'art.

Il part en 1712 s'établir en Italie, à Gênes puis Turin en 1713
Il décide de rentrer en France et s'arrête en 1719 à Turin, où il peint deux plafonds au château de Rivoli2. De retour à Paris en 1720, la banqueroute de Law provoque sa ruine financière, l'obligeant à passer une longue période à peindre des portraits2. van Loo exécute aussi des scènes mythologiques et religieuses, un may pour Saint-Germain-des-Prés et le plafond de la salle des machines du Palais-Royal, pour le Régent. Agréé en 1722, il est finalement reçu à l'Académie le 23 février 1731 avec Diane et Endymion (Louvre). Parmi ses nombreux travaux historiques, il participe à la restauration de la galerie François-Ier, à Fontainebleau4. En 1735, il décide de quitter Paris pour retourner en Provence. Mais, au bout d'un an, ayant appris que son fils, Louis-Michel van Loo est nommé à la place du premier peintre du roi d'Espagne, il retourne à Paris, puis passe plusieurs années à Londres entre 1738 et 1742, où il jouit d'une réputation exceptionnelle. Son retour en France est motivé par des raisons de santé4.
En octobre 1742, après être rentré à Paris, il part pour Aix dans l'espoir d'y retrouver une meilleure santé. Il restera dans sa ville natale jusqu'à sa mort, le 19 décembre 1745, peignant de nombreux portraits2. Il installe notamment un atelier au pavillon de Vendôme, dont il est un temps le propriétaire. Il s'éteint dans sa ville natale le 19 décembre 1745. On dit qu'il est mort le pinceau à la main.
MIRABEAU 
Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, plus communément appelé Mirabeau, né le 9 mars 1749 au Bignon-Mirabeau, mort le 2 avril 1791 à Paris, fut simultanément ou successivement un révolutionnaire français, ainsi qu’un écrivain, diplomate, franc-maçon, journaliste et homme politique français.
Surnommé l’Orateur du peuple et la Torche de Provence, il reste le premier symbole de l’éloquence parlementaire en France.

Pour le soustraire à ses créanciers son père le fit plusieurs fois enfermer au fort de Vincennes, et finalement exiler au château de Joux, en Franche-Comté, d’où il s’enfuit aux Provinces-Unies (Pays-Bas) avec sa maîtresse, Marie Thérèse Sophie Richard de Ruffey, rencontrée lors de ses sorties autorisées, qui est l'épouse du marquis de Monnier, président de la chambre des comptes de Dole.

En 1776, dans sa fuite, il publie son Essai sur le despotisme qui dénonce l’arbitraire du pouvoir royal : « le despotisme n’est pas une forme de gouvernement (...) s’il en était ainsi, ce serait un brigandage criminel et contre lequel tous les hommes doivent se liguer. »

Mirabeau fut condamné à mort par contumace, puis extradé et emprisonné au château de Vincennes de 1777 à 1780. Il y écrivit des lettres, publiées après sa mort sous le titre de Lettres à Sophie, chef d’œuvre de la littérature passionnée ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, "Des Lettres de cachet et des prisons d'État.
Le Bon Roi René 
La mort d'un personnage
Le roi René et son épouse Jeanne sont représentés sur un triptyque peint par Nicolas Froment en 1475 et exposé dans la cathédrale d'Aix.
René Ier mourut à Aix-en-Provence le 10 juillet 1480. Les Provençaux voulurent garder la dépouille du bon Roi René en leurs terres provençales, mais sa seconde épouse, Jeanne de Laval a voulu respecter les dernières volontés de son époux et le faire enterrer en la Cathédrale Saint Maurice d'Angers aux côtés de sa première épouse Isabelle Ire de Lorraine.
La reine organisa, de nuit, la fuite du corps du défunt en le dissimulant dans un tonneau. Une fois mis sur une embarcation, celle-ci s'éloigna discrètement sur le Rhône. Le corps du Roi René arriva en Anjou et fut placé, avec honneur et dévotion, dans le tombeau qu'il avait fait réaliser lui-même dans la cathédrale d'Angers. Le roi René mort, sa fille Yolande (déjà duchesse de Lorraine depuis 1473), transmet, à son fils René II, le duché de Bar.

La postérité a gardé du roi René l'image du bon roi René.
Le Bailli de Suffren 
La maison de Suffren, originaire de Toscane, s'établit en Provence au XlVe siècle. Elle fut anoblie par le roi Henri II en 1557. Pierre André de Suffren, dit le Bailli de Suffren, naquit le 17 juillet 1729 au château de Saint-Cannat.

Comme beaucoup de cadets des familles nobles provençales, il fut admis dès 8 ans comme chevalier de minorité dans l'Ordre de Malte, dont, adulte, il deviendra bailli.

Vice-amiral, il servit dans la marine royale notamment pendant la guerre d'Amérique et remporta des victoires sur les Anglais au large des Indes. Reconnu pour sa bravoure, il s'éteint à Paris en 1788.
Les petits mouchoirs  
Réalisé par Guillaume Canet
Avec François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Jean Dujardin, Laurent Lafitte, Valérie Bonneton, Pascale Arbillot, Joel Dupuch, Anne Marivin

Présentation :
Une bande d'amis sont confrontés à un évènement bouleversant à la veille de leur départ de vacances. Décision prise, ils partiront tout de même, destination le Sud de la France pour leurs coutumières vacances "tous ensemble". L'évènement agit toutefois comme le catalyseur des émotions de chacun, et certains sentiments autrefois restés sous silence vont devoir être exprimés et donner lieux à des vacances d'un autre ton.

Notre avis :
La recette n'est pas nouvelle, nul doute que lorsque vous le verrez, une ressemblance certaine avec "Le péril Jeune", ou "Le coeur des hommes" vous frappera. Toutefois faut-il toujours être dans la création scénaristique pour faire un bon film ? Ce n'est, à mon avis, pas une nécessité. Le film relate à merveille les difficultés de la cohabitation entre amis, mais aussi les joies qu'elle procure. Les moments de rire sont garantis, on ne tombe jamais dans le cliché du "gag" mais plutôt dans l'ambiance collégiale qui débouche sur de franches rigolades, les instants plus tragiques sont aussi là, ils ne plombent pas pour autant l'ambiance. C'est en ce moment l'un des films à voir absolument dans les salles aixoises. Les acteurs ont plaisir à être ensemble, et cela transmet une énergie terrible, comparable à un boeuf entre stars du rock se retrouvant pour un concert unique. Vous vous apercevrez au travers des critiques de journaux rompus à cet exercice que les avis divergent.

L'avis de la presse :
Voir les critiques sur Première
The Social Network 
Réalisé par David Fincher
Avec Jesse Eisenberg, Justin Timberlake, Andrew Garfield ...

Présentation :
Success story du projet universitaire et de son créateur. Marck Zuckerberg, étudiant, fort d'un succès fulgurant grâce à la programmation en une nuit d’un site nommé facemash se retrouve démarché pour mettre en place un site communautaire pour le compte d'une confrérie. Parallèlement lui-même affine le projet et le publie pour son propre compte. S'en suit alors le succès pour les uns, les rancœurs pour les autres et de multiples batailles juridiques.

Notre avis :
Si les avis divergent concernant Marck Zuckerberg et sa réelle qualité de créateur du projet "The Facebook", la critique reste elle quasi unanime quant à la qualité du film. Une narration non linéaire des événements vient apporter un peps incroyable à ce film qui aurait pu n'être qu'une suite de réunions et de conflits entre avocats et porteurs de projets. Nous sommes là dans une université américaine, nous flairons ce qu'est la vie de campus, l'émulation qui en émane, les clans et les institutions qui y sont implantés, l'omniprésence de l'argent comme point de mire de chacun de ces étudiants d'Harvard, un modèle bien différent de notre système dont on ne saurait dire s'il en résulte plus de bon que de mauvais.
Toutefois, l'intrigue du film ne se cantonne pas à cela, il s'agit d'un subtil mélange entre vie étudiante, transition au monde du travail, amitié et trahison. Le tout avec un personnage central génial et agaçant, à la fois inapte aux relations sociales et pourtant porteur du plus grand projet dans ce domaine.

L'avis de la presse
Voir les critiques sur Allociné
De Marcel Arnaud à Van Gogh (6) 
Un jour alors que j'étais invité à dîner chez des amis, figurez-vous qu'il y avait à la table un juriste, professeur de droit, connaissant bien l'art et l'histoire de l'art, qui me dit qu'il y avait une possibilité de faire authentifier mes œuvres par une procédure dite Expertise Judiciaire. "Mais, ajouta-t-il, sachez qu'une expertise judiciaire ne peut être contestée, car si des anomalies sont trouvées lors des analyses, vous ne pourrez plus y faire opposition. Sachez que vous allez directement vers la vérité. Etes-vous prêt à accepter cet enjeu?" Immédiatement je décidai de connaître la vérité sur ces dessins et je fus donc prêt à faire encore des efforts. Mais, sûr que j'étais d'avoir découvert les lieux, le risque me paraissait limité, voire infime. Ainsi mon avocat procéda alors à toutes les formalités pour obtenir l'expertise judiciaire. Une année d'étude par le Laboratoire de la Police Scientifique et par d'autres experts, fut nécessaire. Et lorsque, à la fin de l'année 1991 j'allai chercher le rapport d'expertise de plus de 370 pages, j'eus l'impression d'avoir accompli quelque chose d'important dans ma vie. Voici les conclusions de ce rapport: “Ces dessins sont de la main de Van Gogh”. Le 17 novembre 1992, j'ai organisé une conférence de presse à l'Espace Cardin, aux Champs Elysées à Paris, pour annoncer ma découverte. Il y avait là différentes personnalités: M. Corbobesse de la Police Scientifique, Mme Viviane Forester, connue pour son livre sur Van Gogh, M. Giesner, expert en écritures auprès des Tribunaux. La presse avait réagi avec beaucoup d'enthousiasme. Un jour de l'année 1993, donc après 3 ans de travail de recherche et après avoir accumulé de nombreux documents et plus de 1 700 photos, je me suis dit: " Pourquoi ne pas montrer, exposer au monde ce magnifique Album Japonais?" Ainsi j'ai fait faire une trentaine de panneaux comportant 150 photos et toutes mes recherches. Ma première exposition fut organisée à Cassis, un très joli port près d'Aix-en-Provence et de Marseille. Puis ce furent Genève, Paris, Morzine, Les Gets, Salon-de-Provence, Le Touquet, Le Pontet, Venise, Saint-Tropez, Torino, Bardolino, La Baule, ainsi que des Salons du Livre. Actuellement, en 2003, j'en suis à ma 40e exposition, et des milliers de visiteurs ont été enthousiastes et ravis de voir une exposition d'une telle importance. Dans mes expositions, j'organise plusieurs fois par semaine une conférence sur Van Gogh, le Japonisme, l'influence du Japonisme sur Van Gogh et je consacre un long exposé au Jardin d'un Poète, avec tous ses personnages dissimulés et qui ‘s'emmanchent’, comme le décrit Van Gogh. Et j'espère ainsi répondre au vœu de Van Gogh qui écrivait: "Faire une exposition qui soit une leçon d'art, où les gens puissent apprendre et repartir avec une reproduction." Et mon exposition est considérée par les visiteurs comme une vraie leçon d'art et comme un bonheur. Depuis 10 ans, j'ai regroupé autour des dessins environ 750 estampes japonaises des grands maîtres comme Shigemasa, Harunobu, Masanobu, Shunsho, Shun-ei, Hokusaï, Hiroshige, Toyokuni, Utamaro, Kuniyoshi. En observant ces magnifiques gravures de l'ukiyo-e, on comprend le grand intérêt que Van Gogh et tous les impressionnistes portaient à l'estampe japonaise. C'est grâce à l'art de l'estampe japonaise que les groupes impressionnistes ont pu trouver leur voie et transmettre le message artistique que le monde entier apprécie aujourd'hui. Finalement, lorsque je regarde cette exposition, je remercie Van Gogh de m'avoir tant appris. J'ai compris quel être intelligent, érudit il était, et non pas le fou qu'il a souvent été décrit. Pendant mes années de recherche, j'ai appris aussi le comportement de Van Gogh comme être humain, un homme qui possédait une très claire vision, non seulement de l'art et des écrivains, mais aussi des êtres humains, un homme déterminé dans ses pensées et dans ses actes. Comme l'écrit L. Roeland dans son livre de 1953, on ne connaît pas l'histoire véridique de Van Gogh... car on l'a mêlée avec une histoire ‘à la Goupil’, marchand d'art. En effet, Théo, le frère de Vincent, travaillait chez les Goupil et fut licencié à la mort de Vincent. Mark Edo-Talbaut le confirme: “Bizarrement on n'a jamais trouvé l'arme, aucun constat de gendarmerie, aucun témoignage sur la mort suspecte de Van Gogh.” Peut-être y a-t-il encore, là aussi, des découvertes à faire?
Paris, mai 2003 Francesco Plateroti
De Marcel Arnaud à Van Gogh (5) 
Et puis un jour, une dame âgée de plus de 85 ans, m'indiqua le lieu où se trouvait ce pont. Il avait lui aussi été détruit pendant la guerre, mais il restait à côté un mas, et près du mas, vissée sur un montant de pierre, une plaque émaillée portant l'inscription ‘Pont de Gleize’. Mes photos furent prises de ce pont, car le propriétaire du mas et héritier de son ancêtre qui l'habitait au temps de Van Gogh, m'apporta d'importantes révélations. D'ailleurs, lorsque les photos furent développées, on a pu constater que c'est de ce Pont de Gleize que Van Gogh avait réalisé plusieurs tableaux et dessins sur lesquels on voyait la Tour de Bronze et Saint-Trophime sous le même angle que sur les photos. Ce lieu fut donc très important dans la vie de Van Gogh et son passage à Arles. J'avais également confié le dessin du Pont de Gleize à un autre expert en écritures, dans un autre pays que la France et lui avais demandé de le comparer avec l'écriture des lettres de Vincent. Son verdict fut: "Ces écritures sont de la même main." Cela ne faisait que confirmer la première recherche en écritures et mon enquête sur les lieux. Vous imaginez mon émotion ! Il me restait encore à découvrir ce jardin, avec son banc et son transat... J'en étais arrivé à admirer le jardin et à le contempler des soirées entières. Si bien que la personne qui partagea ma vie quelques années, me dit un soir: "Viens te coucher, il est tard." Je lui répondis que je sentais que j'étais sur le point de faire une découverte, qu'il me fallait encore étudier le tableau. Et elle me répondit: "Viens, je suis ton tableau." Mais aujourd'hui le jardin est toujours là avec son mystère passionnant et la personne s'en est allée... Mais la découverte incroyable que je venais de faire à ce moment était la révélation de visages cachés dans l'entrelacs des branches Qui pouvait imaginer que ces œuvres rendaient à la fois hommage à la nature et à l'homme, glissant dans le reflet des eaux l'autoportrait de Van Gogh, dans les courbes des fleurs et des arbres, les visages de Léonard de Vinci, Rembrandt, Pétrarque, Gauguin? Dans le Jardin d'un Poète se dégagent en outre les portraits de Monticelli, Dante, Giotto, Victor Hugo, ‘Head of the People’ d'après William Small, Eugène Boch, Homère... plus de 60 artistes, peintres et poètes sont ainsi ‘emmanchés’ dans les arbres. S’y trouvent encore des chevaux et des lions (shi-shi) et l'unique anamorphose réalisée par Vincent, représentant Pégase. Une de mes relations m'avait indiqué à cette époque René Huygues, comme étant un grand connaisseur de Van Gogh, de sa correspondance et comme ayant écrit plusieurs ouvrages sur lui. Monsieur René Huygues, de l'Académie Française, était aussi conservateur du Musée Jacquemart André, dans le 8e arrondissement à Paris. Après l'avoir eu longuement au téléphone, après lui avoir raconté mon incroyable aventure et la découverte des visages, je lui envoyai donc les photos du Jardin d'un Poète. Après qu'il eut vu attentivement les photos, il me fixa un rendez-vous à Paris, dans son musée. C'était un lieu somptueux. Un large escalier montait au premier étage où était son bureau. Son accueil fut très chaleureux et sincère. Grand, déjà âgé mais très lucide et d'une grande érudition, il me dit après une heure d'entretien: " Cher Monsieur Plateroti, peut-être êtes-vous sur la piste du Jardin d'un Poète, décrit par Van Gogh, puis perdu, mais considéré d'après ses écrits comme l'une de ses œuvres les plus importantes. Mon cher Monsieur, un long chemin vous attend, car vous allez devoir étudier toute l'œuvre de Van Gogh, ses lettres, ses connaissances, ses fréquentations chez les artistes, les marchands..." Je pris bonne note de ses conseils puis le saluai, en lui promettant de le tenir au courant de l'avancement de mes recherches. Et il en fut ainsi pendant quelques mois chaque fois que je découvrais de nouveaux personnages dans le Jardin d'un Poète. J'avais découvert que le Jardin d'un Poète était le Jardin des Lices à Arles, où Van Gogh allait régulièrement se promener et qui, interprété par lui, était devenu un jardin symbolique et son testament spirituel. ... Suite
De Marcel Arnaud à Van Gogh (4) 
Je consulte les lettres de Vincent et il y a là une possibilité. Je m'organise pour passer une journée entière aux Baux-de-Provence, un endroit splendide, un village médiéval fait entièrement de pierres. Vincent y a décrit une scène de corrida. Suivant les ruelles du village, je prends la rue principale, la rue des Fours, qui mène vers le haut du village, connue au siècle dernier pour ses fours à pain. En montant vers le haut de la rue, je vois sur ma gauche une crêperie, dont la table de travail donne sur la rue. La rue est étroite et le contact presque obligé avec la personne qui prépare les crêpes. Je m'adresse donc à cet homme, d'une quarantaine d'années et je lui montre la photo. "Pourriez-vous m'indiquer, s'il vous plaît, où se trouve cette rue?" Il me regarde et me dit sans hésitation: "Retournez-vous et regardez". Je me retourne et reste sans souffle: je me trouve devant la photo du dessin. Cela fut un moment de grande émotion, mes recherches commençaient donc à donner des résultats. Dans l'euphorie de cette découverte, j'embrasse cette homme qui faisait des crêpes, j'offre une dizaine de crêpes aux personnes qui se trouvaient là et j'apprécie moi-même le talent du crêpier. J'ai alors fait des photos et suis reparti avec ma précieuse découverte, qui a été confirmée dans les lettres de Van Gogh. J'ai même retrouvé une œuvre (répertoriée) de Vincent peinte au pied des Baux-de-Provence, exactement à 800 mètres. Il est évident que Van Gogh, si cultivé, avait été intéressé par les Baux-de-Provence. J'avais donc au bout de six mois identifié trois des six dessins. Je suis ensuite parti en quête avec ma photo de Martigues. J'ai continué à questionner les chauffeurs de taxi. On me dirigea à plusieurs reprises vers Baucaire, de l'autre côté du pont de Tarascon, mais sans succès. Mais un jour, un chauffeur de taxi qui connaissait bien la région de Marseille, me dit: "Monsieur, ça, c'est Martigues", avec cet accent qui m'évoquait le grand Raimu. Je consulte à nouveau les lettres de Van Gogh et effectivement, il fait allusion à Martigues dans l'une d'entre elles. Ayant un emploi du temps assez chargé à cette époque de l'année (nous sommes en octobre), je décide d'aller un soir à Martigues. Je me promène donc dans cette ville et retrouve assez facilement l'endroit du dessin, car tous les habitants connaissent ce lieu sous le nom "Le Miroir aux Oiseaux", ainsi nommé parce que, lorsque le mistral est très puissant, les goélands viennent s'y réfugier. Il ne me restait donc plus qu'à découvrir les deux autres : Le Pont de Gleize et Le Jardin d'un Poète. J'avais alors un charmant studio dans le centre de la ville d'Aix-en-Provence, au deuxième étage d'un vieil immeuble de style provençal. Il était ensoleillé, agréable et donnait sur un beau jardin calme. Devant la difficulté de continuer à financer mes recherches, je dus le vendre, car je sentais que l'intérêt de ces dessins valait un sacrifice, eux que j'avais déjà sauvé de la destruction et de l'oubli. Après cela, je pus donc continuer ma recherche. Je confiai d'abord Le Pont de Gleize à un expert en écriture, parce que le dessin comportait des mentions manuscrites. Pour ne pas l'influencer, je ne lui précisais pas que ce dessin avait été encadré avec d'autres portant la signature Vincent. Trois semaines après, cet expert auprès des Tribunaux renommé me téléphone et me pose la question suivante: "Monsieur Plateroti, est-ce que les mots ‘Pont de Gleize’ et ‘Arles 1888’ vous disent quelque chose, car c'est ce que j'ai pu découvrir sur le dessin?" Je prends note, le remercie de son appel et me plonge immédiatement dans les livres de Van Gogh que je possédais. J'y trouve une œuvre intitulée Pont de Gleize et datée ‘Arles 1888’. Une nouvelle piste s'ouvrait à moi. Je partis donc à la recherche du Pont de Gleize, mais ce ne fut pas facile, car tout le monde semblait avoir oublié son emplacement, même l'Office de Tourisme d'Arles. Je me suis rendu au cadastre mais toutes leurs archives avaient été détruites pendant la guerre de 1939-1945. Je n'ai pas abandonné pour autant mes recherches. Pendant plusieurs semaines, j'ai sillonné la région d'Arles pour essayer de trouver l'endroit. ... Suite
 

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De Marcel Arnaud à Van Gogh (3)

Une fois rentré chez moi, je prends un cutter et coupe avec précaution le papier collé derrière le cadre. J'enlève les clous: on voit qu'ils n'ont pas été touchés depuis très longtemps. Une fois le cadre ouvert, j'étale les six dessins sur la table de mon salon. En les regardant très attentivement, j'aperçois la signature Vincent, très visible et très lisible. Paradoxalement, lorsque les dessins se chevauchaient sous le cadre, les signatures étaient cachées par les dessins eux-mêmes. Comme beaucoup de connaisseurs d'art, j'avais dans ma bibliothèque différents livres sur Van Gogh. Je possédais également un livre anglais avec plus de mille signatures et monogrammes d'artistes. Je consulte la signature de Vincent et le rapprochement avec les dessins est évident! Vous imaginez mon émotion! J'ai alors commencé à lire et étudier toute la correspondance de Vincent Van Gogh. L'étudier est un vrai bonheur. Je conseille vivement de lire les lettres de Vincent à Théo, son frère, chez Gallimard, en trois tomes. Le tome qui m'intéresse le plus est le tome III. Consultant ensuite les ouvrages de La Faille, très grand expert de Van Gogh, puis de Ronald Pickvance, je constate que la lettre 492 parle de dessins regroupés par six, qui étaient destinés à décorer la chambre de Gauguin. Il s'agirait donc de l'Album Japonais, considéré comme perdu. C'était une piste possible. Dans une autre lettre adressée à Gauguin, Vincent lui décrit la décoration de sa future chambre, avec des dessins représentant les "endroits immuables du pays". Connaissant déjà un peu la Provence et ayant cette indication, je pars à la recherche des lieux représentés sur les dessins, signés du nom de Vincent. Voici le titre de ces six dessins: - Le Château de Tarascon - Les Arlésiennes - Le Pont de Gleize - Les Baux-de-Provence - Martigues - Le Jardin d'un Poète. Le château de Tarascon fut très facile à retrouver, par de vieilles photos de 1888, période à laquelle Vincent Van Gogh était à Tarascon. Pour les Arlésiennes, je me suis rendu plusieurs fois à Arles où j'ai étudié au musée et auprès de guides arlésiens, pour avoir la confirmation que le costume porté sur le dessin était bien celui de la période à laquelle Van Gogh vivait à Arles. J'ai relevé que dans la dentelle de la robe de l'Arlésienne de gauche, la plus jeune, on pouvait lire la signature Vincent. Les Baux-de-Provence m'ont donné quelques difficultés. Mais pendant cette recherche des lieux, j'ai appris quelque chose que je vous transmets volontiers, cher Lecteur: lorsque vous cherchez un lieu sans nom avec seulement une photo... adressez-vous à un chauffeur de taxi. Ainsi, en questionnant dans la région d'Arles et alentour, je trouvai un chauffeur de taxi qui, en voyant la photo du dessin, me dit: "Monsieur, allez vers les Baux-de-Provence, cela pourrait être par là." ... Suite























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